Bonjour et bienvenue sur le potager bio-intensif ! Afin de facilité la navigation sur le site, commencé par cet première page dans laquelle vous trouverez :

– La méthode de Charles Dowding détaillé en Français que j’ai retranscrit grâce à toutes ses vidéos Youtube.

– Les différentes techniques de semis et de repiquage qu’il utilise.

– Les différents outils nécessaires pour démarrer et entretenir un jardin sans travail du sol.

– La méthode de compostage qu’utilise Charles Dowding ainsi que l’efficacité des différents compost

– Sa technique de récolte ainsi que ses principes de succession de culture.

Naviguez donc sur la table des matières ou lisez le tout au fur et à mesure. Sinon, cliquez sur le bouton pour obtenir la version complète en PDF.

Introduction

Tout d’abord, voyons d’un peu plus près qui est Charles Dowding. 

Sur son site internet, celui-ci est présenté comme un ancien maraîcher, ayant travaillé sur une parcelle de 6000 m² en non travail du sol outre-manche et ayant obtenu de bons résultats grâce à cette méthode. En effet, aujourd’hui, après plus de 30 ans d’expériences, Charles Dowding ne travaille son sol que pour comparer les résultats avec les parcelles non travaillées. 

Ainsi, son “espace de jeu” se situe dans le comté du Somerset dans le sud de l’Angleterre.

Celui-ci fut baptisé “Homeacres”, ce qui signifie : terre d’accueil.

Il partage son expérience sur son terrain avec sa compagne, Stéphanie Hafferty qui est également active sur la toile.

Son terrain, d’une superficie totale de 3000 m² environ, totalise près de 1000 m² consacré au potager. 

Sur ce même potager, Charles cultive toutes sortes de légumes dont une grande partie qu’il vend en circuit court proche de chez lui. En favorisant ainsi la culture des légumes feuilles ( à forte valeur ajoutée ), il arrive à générer environ 20 000 euros de chiffre d’affaires. Chiffre très intéressant au vu de la surface cultivée.

Sa méthode pour arriver à de tels résultats ?  

L’utilisation massive de compost plus ou moins mûr et de différentes qualités. C’est ce que nous verrons plus tard sur cette page. 

Avant tout, voici une des rares présentation en français réalisée par Charles Dowding :

Pour la résumer, Charles fabrique son propre compost grâce à différentes matières organiques qu’il récupère sur son terrain ou non et qu’il va mélanger, en fonction des situations, à du compost acheté dans le commerce. Nous verrons plus loin quelles proportions il applique à ce mélange. 

Maintenant, rentrons dans le vif du sujet et voyons plus en profondeur tout ce qui est expliqué dans ces vidéos qui remportent un grand succès.

Les semis

Lorsque l’on parle de semis, il ne nous viendrait pas de prime abord à l’esprit de semer plusieurs graines à la fois dans une alvéole. Il est effectivement bien plus évident que chaque légume se retrouve en rang, à une distance suffisante de ses congénères afin d’assurer un bon développement de chacun d’entre eux. 

Pourtant, Charles Dowding vient ici , casser les codes et proposer une technique de “multi-sowing”  que l’on peut traduire par le “multi-semis”.

Le muti-semis en Alvéole

La technique du multi-semis présenté par Charles bouscule plusieurs des principes que l’on connait à propos du semis : 

 

1 – Certains légumes comme le radis, la carotte ou le pois ne se font qu’en semis direct  

2 – Un légume ne poussera pas correctement s’il entre en concurrence avec un autre légume

3 – C’est une perte de temps que de semer en alvéole certains légumes.

 

La technique de semis va dépendre du type de graine et de la taille de la graine. Cette technique va permettre de gagner beaucoup d’espace lors de la germination et d’économiser du compost,

 

Afin de réaliser ses semis en plaques alvéolées, Charles utilise encore une fois du compost mûr afin d’assurer un bon démarrage des semis. Après l’avoir étalé correctement sur toute l’alvéole, il tasse le tout avec ses doigts afin d’assurer un meilleur développement racinaire.

Une fois le compost tassé, il remet une couche de compost afin de pouvoir y faire un léger trou et y mettre les graines. 

En fonction du type de graine sélectionné, celui-ci fera des trous plus ou moins profonds. Par exemple, pour le pois, ayant une graine plus grosse que les autres, le trou sera plus important.

Ensuite, Charles nous explique bien que, si l’on met par exemple 5 graines par cellule, nous obtiendrons de plus petit légumes que si nous en mettons 4 et qu’ainsi, il nous appartient de choisir ce qui nous convient le mieux.

Voici quelques exemples de quantités de graines que l’on peut semer avec cette technique :

 

Basilic

3 à 4 graines par cellule

Betterave

4 à 5 graines par cellule

Chou kale

4 graines par cellule

Epinard

4 graines par cellule

Fenouil

3 graines par cellule

Navets

5 graines par cellule

Oignons de printemps

8 à 10 graines par cellule

Oignons bulbes

6 à 7 graines par cellule

Pois

2 à 3 graines par cellule

Poireaux

3 à 4 graines par cellule

Radis

4 à 5 graines par cellule

Roquette

3 à 4 graines par cellule

Téléchargez gratuitement la liste complète des quantités de graines à semer avec la technique de multi-semis en cliquant sur le bouton ci-dessous

Ainsi, vous remarquerez que plus la graine est grosse, moins on en met. Et inversement. 

Semis direct

Certains semis se réalisent, logiquement, en semis direct. Même si Charles Dowding sème aussi en alvéoles des carottes, des radis ou des épinards, il arrive qu’il les sème en direct. Celui-ci réalise ces semis de cette manière dans le but de faire des tests et de comparer les résultats.

Ainsi, le semis direct peut se réaliser directement après la mise en place d’une nouvelle zone de culture, dans un compost bien mûr.

Afin de réaliser le semis, une fois le compost étalé, il convient de ratisser la surface avec son râteau afin de détruire les plus grosses mottes et de créer un lit de semence relativement fin.

Afin de casser les mottes, il est également possible de monter directement sur la planche si le compost est sec. Si vous le faites avec un compost humide, celui-ci va se tasser.

Une fois tout cela réalisé, vous pouvez dessiner un sillon avec l’outil de votre choix ( Charles utilise une houe en cuivre ) et semer la graine choisie dans le compost légèrement tassé.

Les seuls semis direct que réalise Charles sont les carottes et les radis.

Ensuite, il convient de refermer le sillon de compost avec le râteau et de tasser le tout soit avec le dos du râteau, soit, comme le réalise souvent Charles, en marchant directement à l’emplacement des semis.

Une fois le tout semé, il ne reste plus qu’à arroser les semis et de couvrir la culture si nécessaire.

Substrat utilisé

Le compost utilisé pour les semis en alvéole est un compost bien mûr qui peut être de différentes sortes. Charles a d’ailleurs réalisé des tests avec différents compost : Fumier de cheval / Fumier de vache / Compost de déchets verts

Pour les semis réalisés en alvéole, Charles préfère un compost maison qu’il réalise lui même avec différents matériaux récupérés à la fois sur son terrain ( tonte de gazon, déchets de cuisine ) mais aussi récupérer chez les voisins ou chez des professionnels ( marque de café, feuilles mortes, cartons, BRF ).

Il nous explique que, souvent, on croit que le compost va “cramer” nos semis. Finalement, d’après son expérience, il n’en est rien puisqu’il réalise tout semis, en alvéole et en plein terre, à partir de compost. Petite précision, son utilisation du compost est largement faite à base de compost bien mûr. Nous verrons un peu plus loin plus précisément la composition de son compost et le pourcentage des mélanges qu’il réalise.

Le repiquage

Technique

Le repiquage est utilisé à différents stade de la vie des jeunes plants. Par exemple, le céleri sera repiqué deux fois : Une fois lors du passage d’une plaque de semis à une alvéole et une autre fois lors du repiquage en terre.

En règle générale, il délimite ses planches par une ligne au centre et deux autres de chaque côté et à égale distance.

Ensuite, avec son manche de pelle, il applique les différents trous en fonction des espacements choisis puis réalise le repiquage. Les trous étant déjà réalisés, il n’a plus qu’à déposer chaque plant dans un trou plus ou moins profond et d’appuyer au niveau du collet du plan pour que celui-ci soit bien en contact avec le sol.

Outils

Après le semis en alvéole, il est souvent nécessaire de transplanter les plans dans un autre contenant, plus gros, ou de les repiquer directement dans le sol. Pour cela, il faut utiliser du matériel adapté qui, nous allons le voir, n’est pas très compliqué à trouver.

Afin de transplanter un plan d’un contenant à un autre, il est utile d’avoir un petit outil qui permettra de sélectionner le plant, de le soustraire de son emplacement initial et de le mettre dans son nouveau contenant. 

Ainsi, cela nécessite trois étapes différentes : La soustraction , la préparation du nouveau contenant et la transplantation. 

Pour cela, Charles utilise un objet en plastique en pointe ce qui permet d’être précis lors de la soustraction, de faire le trou dans le nouveau contenant et donc de réaliser une belle transplantation.

Si vous ne trouvez rien ressemblant à cela, vous pouvez utiliser une cuillère. Ainsi vous utiliserez le côté classique pour soustraire le plant et le manche de la cuillère pour réaliser le trou dans le nouveau contenant.

Vous pouvez également utiliser un stylo, cela fera très bien l’affaire.

Ensuite, pour le repiquage, Charles n’utilise que très peu d’outils. En effet, il utilise pour cela un simple manche de pelle afin de réaliser les trous mais également pour délimiter les zones de repiquage. 

 

Quand repiquer ?

Une des questions que se posent beaucoup de jardiniers, est celle du moment du repiquage. 

Selon Charles, il ne faut pas hésiter à repiquer les plans quand ils sont encore petits. A cela, il faut tout de même contrôler certains points : 

 

  • . Le sol doit être prêt à accueillir les plans. 
  •  

. Les conditions climatiques doivent être favorables au repiquage et à la bonne reprise des plants.

 

La raison pour laquelle Charles conseil de repiquer lorsque les plants sont encore petits est que, souvent, la transplantation sera mieux supportée et que le plant reprendra plus facilement de la vigueur.

De plus, si vous choisissez de transplanter les plans lorsqu’ils sont un peu plus vieux, vous remarquerez parfois que les premières feuilles commencent à jaunir car le plant a utilisé tous les nutriments présents dans le compost.

Si vous vous retrouvez avec des plans assez avancés, Charles explique cependant qu’il est possible de les transplanter dans un contenant plus important. L’utilité est ici moins importante puisque l’on se retrouvera tout de même avec des plans de grandes tailles qu’il faudra tout de même repiquer au sol.

Pour lui, il est donc plus efficace de repiquer les plants à un jeune stade de leur développement, avant que ceux-ci ne manquent de nutriments dans leur contenant.

Arrosage

Il est courant que l’on dise qu’il ne faut pas arroser alors qu’il fait grand soleil en plein milieu de la journée sous prétexte que cela “cramerai” les cultures. Une fois de plus, Charles se positionne à contre courant puisque celui-ci pratique l’arrosage quelque soit le temps qu’il fait et ce même en plein soleil. 

Il y a, dans ses vidéos, très peu d’informations à ce sujet. Cependant sa pratique sur compost l’amène à la conclusion que, dans son climat, l’utilisation du compost permet un meilleur drainage.

Successions des cultures

Charles ne se soucie que très peu des rotations de cultures car, selon son expérience, l’ajout de compost chaque année pallie largement aux problèmes que l’on peut rencontrer sans rotation. 

Peu de contraintes

En effet, si l’on ne se soucie guère des rotations de cultures, il y a alors peu de contraintes de planification de celles-ci. C’est là tout l’avantage. Ainsi, il devient alors possible de faire succéder des cultures gourmandes et sensibles comme celles de la famille des brassicacées. 

De plus, il explique, que la rotation des cultures, qui à également pour but de limiter les problèmes liés aux ravageurs, n’est pas forcément justifiée sur des jardins potagers puisqu’en générale, on retrouve rarement de grande monoculture ou même de longues planches d’une même culture.

Ainsi, pour son potager, en non travail du sol, Charles ne recommande pas particulièrement de se soucier des rotations, bien au contraire.

Repiquage après récolte

Souvent, lorsque l’on récolte ses légumes, il faut retravailler la terre, la préparer pour que celle-ci puisse accueillir une nouvelle culture. 

Avec la méthode de non travail du sol, Charles nous explique qu’il suffit de récolter puis de replanter directement dans le compost. En effet, même pas besoin de rajouter du compost après chaque culture puisque celle-ci se fait généralement, sauf cas particulier, une seule fois par an, en hiver.

Cela signifie donc que la préparation d’une planche de culture ne se réalise qu’une seule fois par an et qu’en dehors de l’entretien régulier ( désherbage et rajout de compost si nécessaire ), celle-ci ne nécessitera pas d’autres travaux de préparation pour accueillir les cultures suivantes.

Le compostage

Différents types de compost

Il existe différents types de compost que Charles a tester :

 

– Le compost maison, constitué des déchets alimentaires mais aussi de déchets pouvant venir du jardin ( tonte, feuille … ) ou encore d’autres matériaux comme le carton ou le marc de café. 

– Le compost de déchets verts, qui peut être réalisé chez vous ou acheté à une plateforme de compostage.

– Le compost de fumier animal ( Vache, Cheval etc ), qui correspond à la décomposition de la matière organique récupérée dans les litières.

– Le compost de Champignonnière, qui correspond aux déchets de culture des champignons.

 

Dans la vidéo suivante, Charles réalise une comparaison fort intéressante sur 3 d’entre eux : le compost de déchets verts et de champignonnière vs compost de fumier animal 

Charles expérimente toutes sortes de choses. Travail du sol vs non travail du sol, Multi-semis vs semis direct ou unitaire mais également les différents types de compost. Il va ensuite effectuer des comparaisons sur ce qui peut l’être : la qualité et la quantité des récoltes ainsi que le temps passé.

Dans cette vidéo, Charles compare dans un premier temps un compost de fumier de vache à un compost de déchets verts et compost de champignonnière.

Ainsi, voici la composition de la planche n°3 : 3 ans de compost de fumier de vache.

Et la composition de la planche n°2 : 2 ans de compost de déchets verts et 1 année de compost de champignonnière.

Il nous explique ensuite que quelque soit le compost, cela est bon pour la terre et les cultures mais que certains composts apportent plus d’effets bénéfiques ou de problèmes que d’autres.

Dans son exemple de comparaison, on voit ainsi que le compost de déchets verts n’apporte pas énormément de nutriments. Moins que celui de champignons en tout cas qui lui même sera moins nutritif que le compost de fumier animal lui même moins nutritif que le compost maison. 

Sur la planche n°1, on retrouve donc, vous l’aurez compris, du compost maison.

Dans tous les cas, le compost est mature, c’est à dire qu’il est correctement décomposé.

L’un de ses problèmes rencontrés lors de cette comparaison est l’apparition des limaces. 

En comparant la planche n°3 ( compost de fumier de vache ) à la planche n°2 ( compost de déchets verts et champignons ), la planche n°2 a obtenu de meilleurs résultats. Mais cela est à nuancer d’une part à cause des attaques de limaces sur la planche n°3 et d’autre part sur le fait que sur certaines cultures comme la pomme de terre ou les pois les récoltes ont été identiques. Les plus grosses différences ce sont cependant vu sur les cultures qui demandent beaucoup de nutriments comme les choux.

Sur la vidéo, Charles ne nous montre pas la comparaison avec le compost maison cependant, il dit que c’est avec ce dernier qu’il obtient les meilleurs résultats. Cela peut s’expliquer par le fait qu’un compost maison est constitué de beaucoup plus de matériaux différents comme nous allons le voir juste après.

Quel est le meilleur compost ?

Il existe, comme nous l’avons vu précédemment, une multitude de composts différents. Cependant, ce que l’on va rechercher avant tout, c’est un compost qui contient beaucoup de nutriments et qui aura des bonnes capacités de drainage de l’eau. Pour cette dernière, il est d’ailleurs possible, comme l’explique Charles, d’utiliser de la vermiculite afin d’améliorer le drainage.

En ce qui concerne les préférences de Charles, celui-ci recommande de favoriser, si possible, l’utilisation du compost maison bien mûr. 

Ce compost maison est en effet bien plus performant car il contient une quantité de matières différentes importantes. Et c’est dans le fait de contenir beaucoup de matières différentes que réside, en plus de la maturité de celui-ci, sa qualité.

Voyez, un peu plus loin, comment réaliser un compost de qualité qui fera pousser absolument tout ce que vous voulez.

Ainsi, si vous en avez la possibilité, favorisez le compost maison. 

Cependant, il est vrai qu’avoir une quantité suffisante de compost maison pour réaliser toutes ses planches de cette manière peut s’avérer compliqué. Ainsi, n’hésitez pas à récupérer de la matière autour de vous ( voisin, professionnels, centres équestre, éleveur ). Par exemple, en général, les éleveurs bovins ne savent que faire de leur fumier et le stockent souvent directement dans leur champs sans jamais l’utiliser. Ils seront ravis de s’en débarrasser.

Par ordre de qualité donc, voici les préférences d’utilisation :

 

– Compost mûr maison

– Compost mûr de fumier de cheval

– Compost mûr de fumier de Bovin

– Compost mûr de fumier de Champignonnière

– Compost mûr de déchets vert

 

Pour des raisons de quantité , il est bien sûr conseillé, comme nous le verrons plus bas, de mélanger ces différents compost car certains sont beaucoup plus facile à obtenir que d’autres.

Technique de compostage et fabrication d'un compost mûr

Dans cette vidéo, Charles nous explique comment réaliser un bon compost. Il utilise les déchets de cuisine, ainsi que les cendres mais aussi les déchets de cultures, du marc de café, du bois broyé et toutes sortes de déchets verts ( même ayant encore des racines ).

Ainsi, il nous conseille de mélanger idéalement à 50% de la matière azoté ( verte ) et à 50% de la matière carbonée ( marron ).

Grâce à ce mélange équilibré, le processus de compostage se fera correctement.

Les matières utilisées devront être déposées dans un composteur fermé. Le fait de mettre son compost dans un container fermé permettra d’augmenter la température qui pourra atteindre les 60°C et donc accélérer la décomposition et la transformation de la matière en compost.

Avant de retourner un compost, Charles arrête d’ajouter de la matière 1 à 2 mois avant ce retournement.

Retourner le compost n’est pas une phase obligatoire selon lui. Et si cela est réalisé, une seule fois suffira. C’est une manière d’introduire de l’air frais et de l’oxygène qui va nourrir les bactéries et ainsi aider à l’accélération de la décomposition.

C’est également l’occasion de mixer davantage les ingrédients de son compost et ainsi de donner à celui-ci un bon rapport azote/carbone.

Il nous explique également que dans sa région, il est nécessaire de couvrir le compost pour éviter que celui-ci soit imbibé d’eau et que le travail de décomposition ne se fasse plus correctement. Le but étant de garder l’humidité dans le compost mais que celui-ci ne soit pas trop mouillé car cela va exclure l’air. Et sans air le travail de décomposition n’est pas assuré. 

Afin de vérifier l’humidité de votre compost, un simple test à la main suffit. En serrant une poignée de compost dans sa main, un compost idéalement humide ne fera tomber que 2 gouttes au maximum. Davantage et il sera trop mouillé, et si aucune goutte ne tombe signifie qu’il est trop sec.

L’intérêt de ce test est que parfois, un compost peut paraître trop humide alors qu’il ne l’est pas en réalité et inversement. Ainsi cela va révéler l’état de celui-ci.

Une autre clé pour reconnaître un compost de qualité est de regarder sa couleur. Sa couleur idéale se situe vers le marron foncé. On préférera d’ailleurs un compost marron foncé à un compost noir.

Un compost aillant eu pour matière première beaucoup de carbone et qui aura subis une très forte température ( comme dans les plateforme de compostage ) sera très foncé voir noir. Par contre, un compost équilibré et ayant atteint des températures moins élevées sera marron foncé. La différence est subtil mais visible.

Maturité du compost

Une des questions que l’on pourrait se poser sur le compost est : A partir de quand sait-on qu’un compost est prêt à être utilisé et donc qu’il est mature ? 

La réponse peut se trouver dans cette vidéo :

 

Charles nous explique donc les étapes qu’il réalise afin d’obtenir un compost mûr. 

Tout d’abord, sachez que réaliser cette technique sera difficilement réalisable pour la plupart d’entre nous car pour cela, il est nécessaire d’avoir 6 bacs à compost différents pour 6 retournements à des moments précis. Technique qui nécessite donc de l’espace, un peu de réflexion et de travail. 

Le bac n°6 contient un compost vieux de 1 mois, le bac n°4 est vieux de 2 mois, le bac n°3 contient du compost vieux de 4 mois, Celui du bac n°2 est vieux de 6 mois et celui du bac n°1 est vieux de 7 mois. Le bac n°5 contient, quant à lui, les déchets tout juste ajoutés.

Charles nous explique qu’au stade de 7 mois, le compost est assez mature pour être utilisé. Cependant, il préfère le laisser 8 mois afin d’atteindre une maturité optimale.

Comme on le voit au début de la vidéo, le compost passe successivement du bac 5 au bac 6 ( 1 mois ), du bac 6 au bac 4 ( 2 mois ), du bac 4 au bac 3 ( 4 mois ), du bac 3 au bac 2 ( 6 mois ), du bac 2 au bac 1 ( 7 mois) ou il va attendre un dernier mois pour atteindre une maturité de 8 mois.

Lorsque Charles achète du compost de déchets verts ou de fumier animal, il conseil de le laisser encore se décomposer quelques mois afin d’être sûr de la maturité du compost.

Le désherbage

Le désherbage est une grande thématique et un gros point noir du jardinage. Et, même si certains jardiniers y trouvent une source de méditation, pour grand nombre d’entre eux, cela peut vite devenir agaçant car qui dit mauvaises herbes / adventices dit pertes de temps et concurrence et donc baisse de la productivité. 

Charles Dowding a en partie résolu cette problématique avec l’utilisation de différents matériaux et du compost. Mais ne rêvons pas, il y a toujours un petit désherbage à réaliser, seulement celui-ci est beaucoup moins fréquent et laborieux.

Utilisation du carton et du compost

Les techniques qu’utilise Charles ne sont pas nouvelles. En effet, l’occultation pour désherbage est de plus en plus utilisée et ce depuis un certain temps. Cependant ce sont les matériaux utilisés et la manière dont ceux-là sont utilisés qui est intéressante. 

 

  – Le carton

  – le compost

 

Voilà les deux matériaux qu’utilise en grande quantité Charles pour la préparation de ses planches, mais aussi de ses allées. 

Dans cette vidéo, Charles ainsi qu’un autre jardinier situé en Californie nous montre comment réaliser une planche qui, plus tard, ne demandera que très peu de désherbage. 

Ainsi on y voit l’utilisation de cartons pour une occultation maximale et de compost à la fois pour l’occultation et support de culture. 

Ce qu’il y a de pratique, c’est que le carton ( que l’on prendra sans encre et si possible non traité ) permettra une occultation complète et va également nourrir le sol puisqu’il est composé de carbone. 

Après le positionnement des cartons et le dépôt du compost, la grande majorité des différentes herbes seront détruites. 

Pour celles qui ne sont pas tuées, il est bon de les retirer soit à la main soit avec une houe maraîchère ou une binette lorsque celle-ci sont au stade de cotylédons ( stade jeune ou seul les deux premières feuilles apparaissent ).

Seuls survivront les plantes vivaces un peu plus coriaces. 

En ce qui concerne les allées, au-dessus du carton, il est intéressant de disposer généreusement du BRF qui en plus d’occulter va également nourrir le sol. Car rappelons le, nourrir les allées permet de nourrir les plantes sur les planches qui vont chercher plus loin les nutriments avec leurs racines.

Plantes vivaces

Les plantes vivaces types chiendent, liseron, chardon ect sont bien plus difficiles à faire disparaître au potager. Bien souvent, une couverture ( de quelque type qu’elle soit ) ne suffit pas sauf si vous laissez une bâche pendant un an.

Cependant, avouons le, d’une ce n’est pas très esthétique et de deux il faut avoir le matériel en question et le temps. 

Pour ces mauvaises herbes, Charles utilise une truelle en cuivre afin d’aller chercher le plus profondément possible la racines. Le but étant ici d’épuiser complètement la plante au fur et à mesure des interventions. 

Mais soyons honnête, ce n’est pas magique, ces plantes reviennent régulièrement malgré le fait qu’au bout d’un certain temps, elles sont totalement épuisées et finissent par mourir.

Protection des cultures

Comment éviter les limaces

Le type de matière organique que l’on va déposer sur le sol va tout d’abord dépendre de votre climat. Cependant, le compost ne constitue pas un habitat pour les limaces. Cela limite donc la pression exercée par celles-ci.

Si vous habitez dans un climat sec dans lequel les limaces ne sont pas un problème, vous pouvez composter directement sur vos planches.

Filets anti-insectes

Il est quand même bien dommage d’avoir réalisé tout ce travail jusqu’ici et qu’au moment ou tous les légumes poussent, s’apercevoir que certains petits individus sont venus y élire domicile. C’est encore plus rageant de s’en rendre compte au moment de la récolte. 

Ainsi, afin d’éviter la mouche du poireau ou de la carotte, la piéride du chou ou encore les altises, il est bon d’utiliser des filets anti-insectes. 

L’idéal serait de consulter le BSV ( bulletin de santé du végétal ) de votre région afin de connaître les périodes de risques en ce qui concerne les ravageurs, mais avouons que c’est un peu fastidieux et que très peu le font. 

Charles ne donne pas de conseils particuliers dans ses vidéos, cependant, il est bon de protéger les cultures à risque durant les périodes à risques.

Voiles de forçages

Les voiles de forçage sont bien utiles pour démarrer la saison plus tôt et protéger les cultures qui le nécessitent. Ainsi vous pouvez choisir un P17, P19 ou encore P30 afin de protéger vos cultures qui craignent le froid. Plus le chiffre est élevé, plus la protection est importante.

Une chose à savoir cependant, c’est que ces voiles diminuent la quantité de lumière que les cultures vont recevoir et que plus le chiffre est élevé, moins la lumière passera. A vous donc de trouver le bon compromis entre recherche de chaleur et filtrage de la lumière. 

Dans le commerce, on trouve généralement que du P17, il faudra donc allé sur le net afin de trouver des protections plus efficaces. 

A noter également que plus la protection est forte, plus celle-ci est solide, et inversement. 

Charles l’utilise beaucoup après ses semis et ses transplantations. 

Vous pouvez également l’utiliser dans la serre afin de donner une protection supplémentaire à vos cultures et vos semis. 

Retirer ce qui attire

Afin de limiter au maximum les ravageurs et en particulier les limaces, il est bon de ne pas laisser sur les planches ce qui les attire. A savoir les résidus de cultures, les feuilles de légumes et tout ce dont raffolent les limaces. 

En faisant cela et en s’y tenant, vous éviterez ainsi une perte significative de vos cultures.

Récoltes

La récolte est l’étape la plus satisfaisante du jardinage. On peut enfin voir le fruit de notre travail et les dégustations peuvent ainsi commencer. 

Charles utilise quelques astuces afin de perturber le moins possible le sol et de faciliter la récolte. 

Outils

Afin de réaliser correctement la récolte sans abîmer le légume ni le sol, nous allons utiliser des outils particuliers. En effet, perturber le moins possible le sol est primordial car c’est celui-ci qui permet de récolter de beaux et bons légumes. 

La plupart des légumes cultivés sur compost ne nécessitent aucun matériel spécifique puisque le compost a une structure souple et que même les légumes racines sont assez simples à récolter. 

Cependant, certains légumes en nécessitent tout de même comme le panais qui a la capacité de s’enfoncer très profondément dans le sol. 

Ainsi, afin de perturber le moins possible le sol, Charles utilise simplement la fourche bêche. De même et toujours dans la logique de non perturbation du sol, celle-ci est utilisée uniquement pour faire levier et déchausser le légume et non pour creuser et retourner la terre.

Un autre outil utile pour la récolte qu’utilise Charles est le sécateur notamment pour la tomate ( ce qui permet de réaliser des coupes franches, nettes, ne blessant pas le pied ) ou encore les courges. 

Techniques

Charles à une technique particulière pour récolter tous ses légumes mais aussi pour retirer les différents pieds arrivant en fin de culture. 

Celle-ci consiste à “twister” la base du pied du légume, c’est à dire à effectuer une rotation dans un sens ou dans l’autre afin que celui-ci se retire facilement. 

Rien de bien complexe donc. 

Si cela s’avère trop difficile car le légume est trop solidement ancré, n’hésitez pas à utiliser à nouveau la fourche bêche pour le déchausser.

Conclusion

Perturber le sol le moins possible pour préserver toute la vie du sol. Ainsi, le mieux est alors de nourrir le sol en déposant de la matière organique sur sa surface. 

L’application de compost en surface permet de nourrir la vie du sol, d’augmenter la fertilité mais aussi d’améliorer le drainage et la structure du sol. Et tout cela permet de mieux faire pousser les légumes.

En plus de tout cela, l’application de compost permet de faire succéder les cultures sans trop se soucier des rotations mais aussi d’économiser beaucoup de temps en préparation de planche et en entretien des cultures. 

En comparaison avec des planches cultivées en travail du sol, les rendements sont significativement les mêmes voir meilleurs. Selon l’expérience sur le terrain de Charles, la planche en non travail du sol comptabilise 5 % de plus de récolte sur une année. 

Ainsi, au vu de tous les avantages que cumule l’utilisation du compost, il est intéressant de se pencher sur son utilisation.

Voilà ce que l’on pourrait conclure de toutes ces informations.


Je vous souhaite une bonne saison à venir et à très vite pour de nouveaux articles 🙂